Le citoyen à Athènes
La Naissance du Christianisme
La Méditerranée au XIIè siècle, carrefour des civilisations. 1095-1204.
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La Révolution et les expériences politiques en France jusqu'en 1851
La Révolution (suite du cours) : la Nouvelle Constitution et la fin de la monarchie
La Révolution ( suite) : La Ière République
La Révolution (suite) : Le Consulat et l'Empire
La Révolution (suite) La Restauration
La Révolution (suite et fin du chapitre) 1830-1851
Exercices pour le 10/01/2008
Aide exercice composition 18/02/08
Composition pour le 10 mars 2008 et exercice p. 170-171
Pistes et réflexions pour la composition du 10 mars 2008
Aide pour le commentaire " le sacre de Napoléon"
Aide pour la composition : L'urbanisation de la
planète
Exercices pour le 8 mai
2008
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Peuplé de plus de 170 millions d'habitants, le Brésil est le plus grand des pays de l'Amérique latine. Pays de contrastes, il fait partie des principaux exportateurs mondiaux de produits agroalimentaires : l'agriculture est un secteur très développé au Brésil. Sur une population active de 57 millions de travailleurs, 23,3 % travaillent dans l'agriculture, mais une partie de la population y souffre encore de sous-alimentation ou de malnutrition; grandes exploitations modernes et petites exploitations vivrières coexistent. Le Brésil est enfin un pays où les défrichements agricoles se poursuivent.
Comment évoluent la population et les ressources agricoles ?
Quels sont les moyens qui ont permis à la production agricole d’augmenter ?
Pourquoi les progrès enregistrés restent-ils fragiles ?
I) Le Brésil : Un nouveau géant agricole
1) La croissance de la population :
Comment a évolué la population brésilienne ?
En 2004, le Brésil a dépassé les 180 000 000 d'habitants (5ème rang mondial). En 1872, date du premier recensement il n'en comptait que 9, et un peu plus de 40 en 1940. La croissance démographique reste encore très vive aujourd'hui puisque l'accroissement naturel est d'environ 1,3%. La population brésilienne est majoritairement concentrée dans les régions proches du littoral. Ici, les densités dépassent 200 habitants par km² : c'est le Brésil des "pleins". A l'opposé, une grande partie de l'Amazonie et du Centre-Ouest ont des densités très faibles (< à 11hab.par km²) : c'est le Brésil des "vides". Les facteurs historiques et économiques expliquent en grande partie cette très inégale répartition. Il convient de s’interroger maintenant sur les principales productions agricoles du pays
2) Les productions agricoles majeures et leur localisation ( soja, volailles, café, viande bovine…)
Activité : Documents 1, 5, 7 p. 52-53.
Quelles sont les principales productions agricoles du Brésil et leur localisation ?
doc. 1 : L’Amazonie est destinée principalement à la cueillette. A l’Est et dans le Nordeste, ce sont les cultures vivrières qui dominent ainsi que l’élevage extensif. ( L'agriculture vivrière est une forme d'agriculture consiste à cultiver des produits essentiellement destinés à nourrir la population locale. La production n'est pas destinée à l’industrie ni exportée, mais elle est en grande partie consommée par les paysans eux-mêmes et la population locale. L'agriculture vivrière, visant à l'autosuffisance alimentaire des populations, est nécessairement une forme de polyculture souvent associée à l'élevage) . Dans le littoral du Nordeste, on donne la priorité aux cultures commerciales telles le sucre ou le café. C’est surtout le Sudeste et le Centre-Ouest ou les productions sont les plus importantes : on y trouve surtout une polyculture destinée à l’exportation : le soja dans le Matto Grosso dont 75 % de la production est destinée à l’élevage, 15 % aux usages industriels ( savons, cosmétiques, peintures…). Seulement 10 % de la production concerne l’alimentation humaine ( farine, lait, sucre, huile, fromage…). La volaille constitue une des productions majeures du Brésil. Le groupe Doux par exemple ( 1er groupe européen de volailles ) a des implantations dans le Rio Grande do Sul et dans le Matto Grosso et occupe plus de 8000 salariés. Enfin, le Brésil dispose du 2ème troupeau bovin après l’Inde. L’élevage est très intense dans ces régions du Sud.
Le Brésil dispose d’une filière agricole riche en produits. Cette production, suffit-elle à nourrir l’ensemble de la population. Comment ont évolué les productions agricoles face à l’évolution de la population ?
3) Evolution des productions agricoles comparées à celle de la population
Activité : documents 2, 3, 6, p. 52-53.+ documents transparents
Comment ont évolué les productions agricoles et la population et à quels usages sont principalement destinés ces produits agricoles ?.
La population brésilienne ne cesse d’augmenter depuis les années 1950 en même temps que les productions agricoles ( depuis les années 1973 le Brésil produit plus de soja, de canne à sucre, d’agrumes, de riz…). Ce qui signifie que le pays dispose d’une agriculture capable de relever le défi de nourrir toute sa population. Pourtant le Brésil est dans une situation alimentaire contradictoire puisque certaines régions comme le Nordeste sont en situation de sous-alimentation et que dans l’ensemble du pays, la quantité moyenne de calories par habitants et par jour ( en 1997 ) est inférieure à la moyenne des pays d’Amérique Latine. Ainsi, même si la production agricole augmente, la ration alimentaire par personne n’augmente pas forcément. D’ailleurs, près de 40 % de la production agricole du pays est destinée aux exportations en direction de l’U.E ( 1er client ) des Etats-Unis, de l’Amérique Latine ou de l’Afrique. Ces principales productions ne sont pas destinés à l’alimentation des populations locales ou humaines : le soja sert pour le bétail, la canne à sucre pour produire du carburant...
Le Brésil vit dans une contradiction: il est le deuxième exportateur mondial de produits agricoles mais 40 % de sa population souffre de malnutrition. Quelles sont les raisons qui expliquent les progrès de cette agriculture ?
II) Les moyens des progrès agricoles au Brésil
Quels sont les moyens qui ont permis à la production agricole d’augmenter ?
1) sélection des semences, engrais et choix des produits commercialisés
documents 4 p. 53 et 1, 4 p. 54
Pour augmenter la production agricole, le Brésil a recours à l’usage important d’intrants (les différents produits apportés aux terres et cultures : engrais, amendements, semences, herbicides, insecticides… ).De plus, des programmes comme celui de la Coodetec ( coopérative fondée en 1995 ) créent des variétés compétitives de soja, blé, maïs et cotonnier. Ce programme, a par exemple, commercialisé sept variétés de cotonnier qui sont toutes résistantes ou tolérantes à la maladie bleue et à la bactériose, elles occupent près de 15 % du marché de la semence au Brésil (95 000 hectares).
Doc. 1, 4 p. 54 : Dans le Centre-Ouest et le Sudeste, le soja est devenu une véritable filière agroalimentaire ( on parle de filière agroalimentaire pour désigner l’ensemble des fonctions et des entreprises qui s’organisent autour d’un produit agricole ). Sa production a été multipliée par quatre en 30 ans et a entraîné le développement de nombreuses activités : production de semences, culture de la plante elle-même, traitement dans des usines et commercialisation de produits dérivés.
Doc. 4 p. 53 : Enfin, le Brésil est devenu un grand producteur de viande. Comme les brésiliens préfèrent les viandes bovine et de volaille et à cause des restrictions à l’exportation pour des problèmes sanitaires ( vache folle en Europe ), la production de porc a augmenté de 12 % entre 2000 et 2005. L’élimination des maladies porcines au Brésil a stimulée la production de viande de porc.
Le Brésil est surtout favorisé par l’étendue de ses pâturages naturels et cultivés dans lesquels il développe une agriculture mécanisée.
2) Mécanisation, aide technique, fronts pionniers, ( Amazonie, Mato Grosso )
Documents 8 p. 53 et 2, 5 p. 54-55.
doc. 8 p. 53 : Pour améliorer la productivité du secteur agricole, le Brésil a fait le choix de moderniser son agriculture par une mécanisation poussée et une recherche agronomique publique de grande qualité mise au service du secteur privé. De plus, de nouveaux lancements variétaux sont prévus tous les deux ans. Chaque variété est diffusée avec ses propres recommandations techniques pour la conduite de la culture, et plusieurs manuels ont été édités pour aider le producteur à reconnaître ravageurs, ennemis naturels et maladies. A cela, il faut ajouter la disponibilité des terres cultivables et l’extension des terres mises a la disposition de l’agriculture.
doc. 2, 5 p. 54 : le soja constitue un véritable front pionnier (Le front pionnier peut se définir comme une forme spatiale témoignant d’un processus d’appropriation de nouveaux territoires : Sur le plan agricole, il s’agit d’étendre l’espace cultivé par "colonisation agricole" de territoires vierges ). La production, localisée auparavant principalement dans le Sudeste, s’est élargie au Matto Grosso qui bénéficie de terrains plats, propices à la mécanisation, d’un climat idéal pour l’agriculture ( pluies régulières et ensoleillement quotidien ). La production de soja a alors considérablement augmentée, en surface et en volume, entre 1977 et 2004 et a permis une réelle prospérité de toute la région.
En Amazonie, les hommes exploitent la forêt en la défrichant et en construisant des routes. Ils obtiennent du bois, du caoutchouc et de la pâte à papier. L’Amazonie possède aussi des mines très importantes. C'est donc une région très riche en ressources, mais encore peu habitée. le fleuve est la principale route.
Ces différentes mesures apportées au secteur agricole permettent une augmentation de la productivité. Mais les fronts pionniers posent la question environnementale en Amazonie: celle-ci constitue une réserve importante de bio-divérsité; de nouvelles espèces sont régulièrement découvertes. Leur disparition prive les générations futures de ressources précieuses: on est donc en contradiction avec le projet de développement durable. Par ailleurs, ces progrès ne concernent que quelques exploitants.
3) Des progrès qui ne concernent que quelques exploitants agricoles ( Microfundia et latifundia )
Documents 4, 6 p 57.
Les exploitations agricoles de petite taille ( microfundia : moins de 10 hectares) sont très nombreuses et représentent 50 % des exploitations brésiliennes mais n’occupent que 2,2 % de la surface cultivable. Il s’agit de petites exploitations appartenant à de petits paysans qui développent une agriculture vivrière ou de subsistance et à très faible revenus. De plus, la production étant faible dans ces exploitations, les surplus agricoles sont maigres et la commercialisation des produits peu développée.
En revanche, les grandes exploitations ( latifundia : plus de 2000 hectares ) qui occupent 34 % de la surface cultivable et qui ne représentent que 0.4 % des exploitations brésiliennes génèrent de gros revenus. Il s’agit d’une agriculture commerciale destinée au marché mondial et qui permet une rentrée de devises importantes pour le règlement de la dette brésilienne.
Il y a donc au Brésil de très nombreuses petites exploitations ou les petits paysans vivent dans une situation de précarité et très peu de grandes exploitations qui génèrent les plus gros revenus et les plus importants surplus agricoles destinés au marché mondial .On peut alors parler d’un dualisme agraire au Brésil. L’agriculture au Brésil, c’est « beaucoup de terre pour peu et peu de terre pour beaucoup » Les progrès réalisés en matière agricole ne profitent pas à tous et mettent en lumière une fragilité croissante.
III ) Des progrès fragiles
Pourquoi les progrès enregistrés restent-ils fragiles ?
1) Dépendance à l’égard des aléas climatiques
Les contraintes du milieu pèsent sur l’agriculture au Brésil et notamment dans le Nordeste qui connaît des sécheresses récurrentes. En effet, dans le Sertao, qui reçoit moins de 1000 mm de précipitations par an, cette rareté des précipitations se traduit par des sols secs et impropres à la culture. Cependant le manque de précipitation n’explique pas tout. En effet, dans le Sertao, moins de 20 % des eaux de pluies sont récupérées. Le reste est perdu à tout jamais. ( Écoulement dans les sols érodés, évaporation ou pollution ). Un gaspillage énorme d’autant plus que, depuis des décennies, les projets de construction de puits, de réserves d’eau artificielles et autres réseaux d’irrigation se sont multipliés (canal qui permet le transfert d’une partie des eaux du fleuve Sao Fransisco vers les terres semi-arides du Nordeste, le « Programme 1 million de citernes rurales »). Pour un piètre résultat. Dans le Sertao, les réserves d’eau sont le plus souvent situées sur les terres de grands propriétaires fonciers qui pratiquent l’élevage extensif, réservent les points d’eau au bétail et en réduisent l’accès aux petits paysans. Avec la bénédiction des politiciens locaux qui pratiquent un clientélisme électoral à coups de camions-citernes. la sécheresse a été instrûmentalisée par les pouvoirs locaux, pour devenir un moyen de pression sur les petits paysans qui tentent de survivre grâce à de modestes productions vivrières et qui sont donc forcément plus sensibles aux aléas climatiques. A l’inverse, les régions trop arrosées comme l’Amazonie ou le Sudeste placent l’agriculture dans une situation dépendante. Le gel qui sévit dans le sud met à mal les productions de céréales.
Plus encore que les aléas climatiques, l’agriculture brésilienne subit la pression d’un système
agro-business.
2) Dépendance à l’égard du système agro-industriel et mondial
Document 5 p.53.
Les agriculteurs brésiliens sont de plus en plus liés et soumis aux firmes de l’agrobusiness. Ces firmes dictent leurs conditions, fournissent la nourriture et les produits de traitements. L’agriculteur intégré à une chaîne de production doit travailler selon des normes fixées par l’industriel. De plus, la majorité de la production est destinée à l’exportation et les surplus des exportations agricoles profitent à l’Etat brésilien ( 25 milliards de dollars en 2002 ) et aux firmes multinationales. Au Brésil, 20 % de la population travaille dans le secteur agricole. L’agrobusiness occupe un tiers de ce secteur.
40 % de la production agricole du Brésil est destinée à l’exportation. L'agri-business fixe les conditions de production, concentre et exporte les richesses produites. En même temps, au Brésil, on recense dans le milieu rural 30 millions de gens qui vivent dans des conditions de pauvreté absolue, et 50 millions de Brésiliens ont tous les jours faim.
3 ) L'agriculture au Brésil : une question sociale et environnementale. ( les sans Terre, la forêt amazonienne, Projet
Faim-Zéro )
Documents 1, 2 p. 56.
Au Brésil, il y a 4,5 millions de familles de travailleurs sans terre. En septembre 2002, la marche des Paysans sans Terre atteint Brasilia et réclame une justice sociale fondée sur une réforme agricole et sur un refus de l’agriculture capitaliste qui met a mal leur survie. Ce mouvement des Sans Terre représente une force de 4 millions de familles.
Les grandes exploitations bénéficient de subventions publiques, de remises de taxes et d’impôts, de conseils techniques et recherche dont les petits agriculteurs n’ont pas l’équivalent. De plus, la modernisation entraîne le développement du salariat. Les paysans qui étaient installés á titre précaire sur les domaines sont expulsés car les propriétaires veulent reprendre toutes les parcelles. Les expulsés alimentent les bidonvilles des grandes villes ou s’installent dans les petites villes proches pour rester á proximité du travail agricole. Ils sont journaliers et offrent leur travail aux propriétaires qui les recrutent á la journée : il y a une situation de précarité qui ne fournit l’emploi que lors des pics de travail. Au brésil, on nomme " boïas frias " de très nombreux ouvriers agricoles qui sont dans cette situation. Les cultures vivrières stagnent, comme le maïs ou haricot car ils ne portent pas les mêmes bénéfices que les produits " vedettes ", la concentration foncière prive souvent la micro- paysannerie de ses terres. La mécanisation á outrance prive les anciens ouvriers agricoles de travail et explique la rapidité de l’exode rural.
La déforestation intensive de l’Amazonie au Brésil s’est accélérée et les feux volontaires destinés à libérer des terrains pour l’élevage ou la culture ont détruit 632 000 km² de la forêt du pays. De plus, la moitié des 20 millions d’hectares de pâturages, sont dans un état avancé de dégradation. Et comme les rendements sont faibles, les agriculteurs défrichent et font donc progresser la déforestation. Il en est de même pour les cerrados ( savanes ). Devant ces problèmes sociaux et environnementaux croissants, le gouvernement Brésilien encourage les mesures de protection de l’environnement ( exemple : code forestier ). Pour éradiquer le problème des Sans Terre et de la faim, le président Lulla lance son programme « Faim Zéro » qui vise à s’attaquer aux causes de la faim ( exemple : créations d’emplois dans les régions marquées par la faim et la pauvreté, meilleure éducation, santé, hausse des salaires et revenus, encourage l’agriculture familiale, stimule les coopératives, micro crédit, alphabétisation…).
Conclusion générale
Le Brésil a modernisé son agriculture pour la rendre plus performante et pouvoir satisfaire les nécessités alimentaires de sa population et exporter une partie de la production. Il a subit ou subit encore une révolution verte. La modernisation de l’agriculture au Brésil se fait de différentes formes: choix des semences, mécanisation, , fronts pionniers…Cette agriculture intensive a permis, d'augmenter très fortement les rendements et donc la production agricole, et de diminuer les coûts de production. Elle fait appel aux moyens fournis par la technique : irrigation, drainage des sols, sélection génétique, choix des produits...Mais tous ne profitent pas de ces progrès et les inégalités ne cessent de croître : les petites exploitations, très nombreuses n’occupent qu’une surface réduite. A l’inverse, les grandes exploitations englobent de plus en plus d’espace pour une production destinée à l’exportation et non à l’alimentation des populations humaines. A cela s’ajoute des inégalités sociales fortes : les populations rurales, en majorité des petits paysans sont dans une situation précaire et ceux dépourvus de terre, ne peuvent travailler que comme journalier. Beaucoup de ces petits paysans sont alors sous la dépendance de gros producteurs, eux mêmes dépendants des firmes de l’agro-business qui dicte ses lois, fixe les conditions de production, concentre et exporte les richesses. Le Brésil dispose des plus importantes réserves de terre cultivable, mais les défrichements continus portent atteinte à l’équilibre biologique et à l’environnement. Le gouvernement essaie de sensibiliser la population pour un développement durable. Mais le problème des Sans Terre et de la faim existent toujours et le Brésil reste dans une situation ambiguë puisque il est l’un des principaux pays agricoles du monde et qu’en même temps, 30 millions de brésiliens vivent dans une situation de pauvreté absolue et ont faim.
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