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Samedi 16 février 2008

Introduction

 

-         Louis XVI en costume de sacre

-         L’exécution de Louis XVI en 1792

-         Texte p. 140 : L XV rappelle les principes essentiels de la monarchie absolue

 

A la mort de L XIV, l’absolutisme règne en Europe. Les monarques exercent un pouvoir absolu et veulent faire de leurs Etats, l’instrument de leur gloire.

La France au XVIIIè siècle est un des plus puissants pays d’Europe. Le roi dispose de tous les pouvoirs politiques ((législatif, exécutif et judiciaire), même si il est limité par le Parlement ( droit de remontrance) et doit respecter les coutumes du royaume et les privilèges de certains. Les français sont ses sujets et le considèrent comme le représentant de Dieu sur Terre. L XVI règne depuis 1774  mais en 1792, il est guillotiné. Comment est-on passé d’un roi sacré à son refus et à sa guillotine ?

L’événement central est la Révolution Française qui balaie l’héritage de la monarchie : il s’agit de construire une France nouvelle. Mais les français sont incapables de trouver le régime politique qui convienne à tous. Entre 1789 et 1851, ils expérimentent tous les régimes politiques possibles mais ces régimes durent rarement plus d’une 10 aine d’années.

 

Problématique : en quoi la Révolution et les principes qu'elle énonce marquent-elles une rupture dans l'histoire de France ? Comment expliquer les hésitations dans les choix politiques en France jusqu’au milieu du XIX è siècle ?

 

  

    I) LA REMISE EN CAUSE DE L’ANCIEN REGIME

 

Quelles évolutions remettent en question le système politique et social de la France en 1789 ?

 

a) La France dans les années 1780 : un royaume dans l’impasse    


Document : le budget de l’Etat en 1788

 

 

En 1789, la situation financière du royaume de France est très délicate. En 1789, la monarchie dépense nettement plus que dont elle dispose  : en effet, elle dépense 620 millions de livres alors qu’elle n’encaisse que 503 millions de livres. Le budget royal est nettement déficitaire, principalement à cause du poids de la dette (la moitié du budget est consacré au remboursement de la dette) mais aussi à cause des dépenses de la Cour. Cette situation n’est plus tenable ; c’est pourquoi certains ministres de Louis XVI ont proposé que tous les Français payent de l’impôt, même les privilégiés.

 

Document : pyramide de la société d’ordres ou document 4 p.141

 

La société d’Ancien régime est divisée en trois ordres (noblesse, clergé, tiers état) et traversée par d’importantes inégalités sociales  : au sommet de la société, on trouve la noblesse et le clergé – minoritaires (1% de la société respectivement) – mais qui disposent de privilèges importants, notamment  l’exemption fiscale, le droit de rendre justice. Le tiers état, lui, est nettement majoritaire (98% de la société) mais ne dispose d’aucun droit et est dominé par les privilégiés. Cette situation est source de tensions.

 

b) La contestation de l’Ancien Régime par les Lumières   documents p.142-43

 

 

Texte

Aute

 

 

 

 

 

ue

 

 

Auteur
Dates
Ordre social
Idées développées
Critiques de l'A,R
Voltaire
1694-1778
1/3 Etat, bourgeois
tolérance
Tyrannie, critique de l'Eglise
Rousseau
1712-1778
fils d'Horloger
Propriété, liberté
inégalités politiques et sociales
Diderot
1713-1784
bourgeois,
liberté
absolutisme
Montesquieu
1689-1755
Noble
séparation des pouvoirs
concentration des pouvoirs, tyrannie
D'Alembert
1717-1783
Fils d’1 officier
progrès, justice, connaissance
absolutisme religieux et politique








 

  




Les Lumières sont un mouvement philosophique européen qui considère que le développement des sciences contribuera au progrès de la condition humaine. Les Lumières critiquent tous les aspects de l’Ancien régime : l’absence de liberté politique, les injustices sociales, l’intolérance religieuse… Cependant, les philosophes n’appellent pas à renverser l’ordre tel qu’il existe et ne demandent pas l’abolition de la monarchie. Ils sont favorables, comme la majorité des Français, au maintien de la monarchie mais ils revendiquent une amélioration du système politique, économique et social de l’Ancien régime.

•: il s’agit pour les philosophes des Lumières de libérer l’homme de ses contraintes (oppression politique, dogmatisme religieux…) afin de lui permettre d’accéder au bonheur.. • Plusieurs vecteurs assurent la diffusion des idées des Lumières :

-         les salons : (ex à Paris, le café Procope et le salon de Mme Geoffrin)

-           L’Encyclopédie, publiée par Diderot et d’Alembert en 1751, se vend à 30 000 exemplaires malgré l’interdiction dont elle fait l’objet.

 

c) Le modèle des expériences politiques étrangères  


Document 1 p. 144

 

• Au XVIIème siècle, la monarchie anglaise connaît deux transformations importantes.  En 1649, la tentative de Charles Ier d’instaurer l’absolutisme se solde, pour lui, par un échec : il est condamné à mort et exécuté pour avoir cherché à limiter les libertés fondamentales. Les Anglais  manifestent leur refus de l’absolutisme. En 1688, une révolution – la Glorieuse révolution – éclate et chasse du trône Jacques II qui avait tenté, lui aussi, d’instaurer l’absolutisme et d’imposer le catholicisme. Ses successeurs sont alors contraints de reconnaître un texte afin de pouvoir monter sur le trône.


Document 3 p. 144

 

Ce texte fondamental rappelle les libertés dont doivent disposer les sujets de la couronne britannique face au pouvoir royal : être présenté devant un tribunal pour y être jugé ; pouvoir élire ses représentants librement… Dorénavant il faut l’accord du Parlement pour créer un nouvel impôt ou pour déclarer la guerre. Le Bill of rights met donc en place une monarchie parlementaire qui limite considérablement les pouvoirs du monarque. Le modèle anglais rappelle qu’il existe des limites au pouvoir royal.

 

Document 2, p. 145


Dans les treize colonies d’Amérique, les colons décident de s’affranchir de la métropole, considérant qu’ils ne sont pas assez considérés depuis Londres. Le 4 juillet 1776, les Etats-Unis déclarent leur indépendance. Cette déclaration d’indépendance rappelle les droits fondamentaux et inaliénables de l’homme. Les Etats-Unis rappellent que tous les hommes sont égaux et qu’ils disposent de libertés, (choisir et de modifier son régime politique). D’après la déclaration d’indépendance, les citoyens délèguent à leur gouvernant le droit de gouverner la Nation mais ils ont le droit d’exprimer leur mécontentement contre le gouvernement et de reprendre le pouvoir le cas échéant. (C’est d’ailleurs ce que font les colons d’Amérique avec l’adoption de ce texte : ils jugent que le gouvernement anglais est mauvais dont ils reprennent le droit de se gérer eux-mêmes).

 

Londres leur déclare la guerre (pour empêcher cette indépendance) mais elle perd, ce qui confirme l’indépendance des Etats-Unis qui adoptent une constitution en 1787 

 

Document 3 p. 145


Une fois la guerre achevée, les Etats-Unis se dotent d’une constitution en 1787. Elle donne naissance à un régime démocratique, les trois pouvoirs sont séparés (l’exécutif est entre les mains du Président, le législatif entre les mains du Congrès et le judiciaire entre les mains de la magistrature). La constitution de 1787 crée une République car le chef de l’Etat est un Président élu par une partie des citoyens. Cet Etat est fédéral : il est composé de plusieurs Etats fédérés qui disposent d’un important pouvoir de décision et de grandes compétences dans des domaines variés. Cependant, cette République exclue encore la majorité de la population car seuls les propriétaires d’une terre – donc ceux qui payent des impôts – ont le statut de citoyens.

 

Ces expériences politiques étrangères ont un grand retentissement en France : elles montrent, en se fondant sur les principes de la philosophie des Lumières, que d’autres façons de gouverner sont possibles. Le modèle américain, parce qu’il est contemporain de la Révolution française, attise les critiques contre l’absolutisme en France.

 

d) Les cahiers de doléances

 

En 1789, pour résoudre la crise financière du royaume, Louis XVI veut voter de nouveaux impôts et faire payer les privilégiés. Mais les Parlements et la noblesse refusent. L. XVI décide alors de convoquer les Etats Généraux ( réunion des députés des 3 ordres) Les Français de chaque ordre se réunissent dans les villages et villes pour rédiger les cahiers de doléances et élire leurs députés qui vont les représenter à Versailles.

Documents : quelques extraits des cahiers de doléances p. 146 + tableau des impôts payés par le peuple.

 

En 1789, l’Ancien régime est contesté par le tiers état qui rejette en bloc les inégalités sociales

dont il est la victime. Le système est contesté de l’intérieur d’autant plus que les Français, grâce aux cahiers de doléance, ont la parole pour la première fois : ex : droit de chasse, refus des nobles d’abandonner leurs privilèges, liberté ( affranchissement des esclaves), accéder aux emplois et grades supérieurs,…  Le peuple ( le 1/3 Etat) sollicite surtout l’abolition de tous les privilèges de nobles et une plus grande liberté ( abolition de la corvée).Les cahiers de doléances sont le reflet des aspirations des Français à la veille de la Révolution. Cette occasion leur permet de demander la remise à plat totale de l’ensemble du système politique, économique et social tel qu’il existe en France avant 1789.


         II) La mise en œuvre des principes révolutionnaires : 1789-1815

 

A) L’échec de la Monarchie Constitutionnelle

 

La réunion des Etats Généraux : doc.  p 134

 

Avant même l’ouverture une question se pose : la noblesse et le clergé, souhaitent le vote par ordre, ce qui leur donneraient la majorité alors que les Patriotes souhaitent que le nombre de députés du Tiers Etat soit doublé et que le vote ait lieu par tête.

Le porte parole du 1/3 Etat est l’Abbé Sieyès qui publie un manifeste «  Qu’est ce que le Tiers-état ? Tout Que représente t-il ? Rien. ». De plus, les députés du 1/3 Etat veulent une monarchie contrôlée par une constitution qui garantisse aux individus les « droits naturels » définis par les Lumières. Le tiers état réunit 578 députés, tous bourgeois, dont 200 avocats, et quelques nobles (Mirabeau) ou prêtres (Abbé Sieyès).Les deux autres ordres totalisent 561 siègent, répartis à raison de 291 pour le clergé et 270 pour la noblesse. Mais, en dépit du “doublement du tiers” accordé par le roi, le vote continue à se faire par ordre, et non par tête. Le tiers état est donc continuellement en minorité et ne peut pas faire valoir les cahiers de doléances que ses électeurs lui ont transmis. La séance d’ouverture des Etats Généraux a lieu le 5 mai 1789 à Versailles. Après un mois de d’attente et de discussions inutiles, la déception est grande pour les Patriotes qui n’obtiennent rien. « Nous ne quitterons nos places que par la force des baïonnettes! »Les députés du 1/3 Etat décident alors ( puisqu’ils représentent 97 % de la pop) de se proclamer le 17 juin 1789 «  Assemblée nationale ». Désormais ce sont eux qui représentent la Nation.

 

Le serment du jeu de paume : doc. p 138-139 : Répondre aux questions + texte 1  p. 150

 

Le roi ayant fait fermer la salle ou les députés du 1/3 Etat se réunissaient, ils se retrouvent dans la salle du jeu de Paume et prêtent serment le 20 juin 1789 de ne « pas se séparer avant qu’une constitution du royaume soit établie ». Le roi ne peut qu’accepter et inviter le clergé et la noblesse à rejoindre le Tiers-état. Le 9 juillet, l’Assemblée se proclame «  Assemblée nationale constituante ».


La révolution juridique est faite : ce sont les notables qui l’ont accomplie.


L’Assemblée Constituante voit naître les premiers partis politiques, car les trois ordres des Ētats-Généraux se sont confondus, puis progressivement effacés. A droite, on trouve les Aristocrates (Noirs) partisans de l’Ancien Régime, tandis que les Monarchiens désirent un parlementarisme à l’anglaise. Au centre-gauche se trouvent les Patriotes ou Constitutionnels qui n’accordent que peu de pouvoir au roi; parmi eux se trouvent La Fayette, Talleyrand, l’Abbé Sieyès, Barnave et Mirabeau. Enfin à l’extrême gauche siègent les Démocrates qui réclament le suffrage universel; il s’agit là de Robespierre, Pétion, l’Abbé Grégoire. La presse devenue libre fait descendre la politique dans la rue. En conséquence de la proclamation des nouvelles libertés, le peuple devient partie prenante de la chose publique: c’est l’éveil de la démocratie. La liberté de la presse entraîne la naissance de nombreux journaux, qui se développent rapidement: “Les révolutions de France et de Brabant” de Camille Desmoulins, ou encore “L’ami du peuple” de Marat. La liberté de réunion, ainsi que son complément nécessaire qu’est la liberté d’opinion engendrent la formation de clubs où l’on discute de politique (club des Feuillants pour les monarchiens, ou club des Jacobins pour la gauche).

 

Le peuple prend le relais : 

mécontent de la montée du chômage et du prix du pain, il s’inquiète lorsque LXVI regroupe des troupes autour de Paris pour s’opposer aux députés et renvoi le ministre Necker ( favorable à des réformes). Le 13 juillet, les Parisiens établissent une nouvelle municipalité et décident de la faire protéger par une Garde nationale qu’il faut armer. Camille Desmoulins appelle à l’insurrection : le 14 juillet 1789, le peuple prend d’assaut la Bastille ( symbole de l’arbitraire du roi mais aussi pour y prendre des armes). Le marquis de Launay ( gouverneur de la forteresse est arrêté puis lynché par le peuple). Devant cette insurrection, le roi accepte de porter une cocarde tricolore ( le blanc : couleur royale, le bleu et rouge couleur de Paris) et le bonnet phrygien signe de liberté du peuple ( rappeler symbole de l’antiquité) : le roi s’incline devant la révolution parisienne.

 

La Grande Peur et la nuit du 4 août 1789 doc. 2,3 p. 150

 

Dans les campagnes, des rumeurs signalent l’arrivée de troupes de brigands  ( dont on dit qu’elles sont envoyées par les nobles). Les paysans prennent peur et attaquent et pillent les châteaux des seigneurs entre le 20 juillet et le 6 août 1789. Les paysans en profitent pour détruire les registres contenant le détail des droits seigneuriaux : c’est la Grande Peur

Confrontés à un désordre presque général, les députés doivent créer un ordre nouveau. Pour apaiser les campagnes, les privilèges sont abolis dans la nuit du 4 août 1789 puis les jours suivants, les droits seigneuriaux et la dîme sont supprimés. 

C’est la disparition de l’organisation sociale de l’ancienne France.

 

La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen  p. 148-149

 

Présentation du document : Question 7 :

Les symboles : 

la France qui tient les chaînes qu’elle a brisé, la liberté qui tient le sceptre du pouvoir, la pique et le bonnet phrygien ( symboles révolutionnaires), faisceau ( unité des provinces), les nuages de l’erreur se dissipent et laissent place à l’œil de la raison, guirlandes de chênes, tables de la Loi.

La DDHC est votée le  26 août 1789. Elle se veut universelle ( valable pour tous) et pose de grands principes ( égalité devant la Loi, libertés fondamentales ( culte, presse, réunion..) le droit à la propriété et la souveraineté de la Nation. Cette déclaration s’inspire des Lumières, du Bill of Rights et de la déclaration d’Indépendance des U.S.A. Les sujets deviennent des citoyens.

Mais le roi refuse de signer les décrets abolissant les privilèges et s’oppose à la DDHC.  Le peuple parisien, toujours mécontent des hausses du prix du pain : les 5 et 6 octobre 1789, un long cortège va chercher le roi et sa famille à Versailles, et les rammène à Paris. L. XVI est installé au palais des Tuileries tandis que l’Assemblée siège dans la salle du Manège. Paris redevient la capitale de la France.

 

Documents 2, 1 p. 152

 

Cette union nationale du peuple est célébrée le 14 juillet 1790 au cours d’une fête grandiose, la fête de la Fédération, qui célèbre le 1er anniversaire de la prise de la Bastille. Au cours de cette célébration, 14 000 gardes nationaux venus de toute la France, et leur chef, La Fayette, prêtent serment «  à la Nation, à la Loi et au Roi » Louis XVI jure alors de respecter la Constitution qui est votée en septembre 1791.

 

La nouvelle Constitution et la réorganisation de la France

par M.Belmessaoud publié dans : Cours communauté : Fourre-tout * inclassable
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